Vers un Paris plus vert

Journée sans voiture
© Silvia Sabino

A l’occasion de la journée sans voiture XXL, qui a eu lieu le dimanche 25 septembre 2016, l’inCUPArable* s’est penché sur la question de l’écologie à Paris

 

Imaginez une balade dans les rues de Paris où les seuls bruits que vous entendriez seraient ceux des oiseaux chantant l’arrivée de l’automne, des enfants qui rigolent en courant en plein milieu de la chaussée, et l’occasionnel klaxon de vélo pour annoncer son passage. Dans un département qui compte environ 6 millions de voitures particulières, cet exercice mental peut s’avérer à la limite du possible. Mais le dimanche 25 septembre, un Paris quasi-bucolique deviendra réalité, au moins le temps d’une journée.

La journée sans voiture XXL, comme l’a nommée la Mairie de Paris, s’inscrit dans un Plan Climat plus large défendu par Anne Hidalgo, actuelle maire de Paris. Cette deuxième édition de la manifestation élargit le périmètre de la piétonisation de la ville, jusqu’à cinq fois plus large que l’année dernière. Depuis 2005, la « ville lumière » mène une politique écologiste qui vise à réduire les émissions de C02, à augmenter la biodiversité dans la métropole et plus généralement à faire d’elle une ville phare pour l’éco-responsabilité. Plus concrètement le Plan Climat comprend la baisse des limitations de vitesse (plusieurs endroits de la ville passeront à 30 km/h), l’interdiction de circuler dans Paris avec un véhicule diesel d’ici 2020, l’augmentation du nombre de Vélib’, ou encore le centre de la ville rendu semi-piéton.

Comme chacun sait, l’écologie, partout dans le monde, devient une priorité et il est de plus en plus urgent de la mettre au centre des politiques nationales et internationales. Depuis 2014, l’importance du rôle de la ville dans cette lutte contre le réchauffement climatique s’est formalisée grâce au Compact of Mayors. Ce consortium de maires du monde entier officiellement acté en 2014 et dont Paris fait partie, défend l’idée que les engagements concernant l’écologie seraient plus facilement pris et mis en place localement, c’est-à-dire par les villes mêmes et les associations.

Parfois source de conflit politique et de débat, la lutte contre la pollution partage les Parisiens. Nous avons interrogé Justin Decker, ancien étudiant de CUPA qui fait des études spécialisées en Global Environmental Change and Sustainability à Johns Hopkins University, pour avoir ses impressions sur l’efficacité des actions menées par la ville de Paris : « Bien que je ne connaisse extrêmement bien pas la politique écologique à Paris, j’en connais assez pour dire que la ville essaie vraiment de réduire ses effets négatifs sur l’environnement, notamment les émissions des gaz à effet de serre. On trouve à Paris des plantes succulentes sur les toits des arrêts de bus, ce qui aide à purifier l’air de la ville et à prendre du dioxyde de carbone à l’air. De plus, Paris interdit de conduire aux Champs-Elysées le premier dimanche de chaque mois, encourageant les habitants de la ville à marcher et à prendre d’autres moyens de transports au lieu de leurs voitures. Outre cela, il y a des ruches situées dans de différentes locations (puisque les abeilles sont très importantes et « vertes » à la fois). Il y a aussi des bus hybrides en circulation. Paris fait évidemment beaucoup de choses afin d’être plus écologiste. La seule chose que j’aie trouvée décevante était le manque de conteneurs de recyclage dans la ville, parce que je voulais recycler mes déchets plutôt que les jeter. En tout, j’avais trouvé les buts et l’attitude écologistes de Paris très positifs et remplis d’espoir pour améliorer l’avenir écologiste de la ville pendant que j’y étudiais. »

En novembre 2015 a eu lieu à Paris la 21e Conférence des Parties (COP 21) dont l’objectif était de trouver un accord mondial pour remédier au problème du réchauffement climatique et de stabiliser l’augmentation des températures mondiales à 2°. Le Conseil fédéral d’Europe Écologie Les Verts déclare que :
« La France a la responsabilité de faire de la COP21 l’étape cruciale de lutte contre les dérèglements climatiques mondiaux que l’urgence environnementale et sociale exige, et pour cela de faire preuve d’exemplarité et de détermination dans ses propres politiques publiques, comme dans sa politique extérieure. »

C’est pour cette raison que, le 15 juin 2016, la France a ratifié l’Accord de Paris, faisant de la France « le premier pays industrialisé » à adopter l’Accord de Paris et à s’engager pour mettre en place des solutions contre le réchauffement climatique.

A Paris, le prochain bilan aura lieu en 2020, première échéance fixée par la ville pour atteindre ses objectifs écologiques. D’ici là, les actions se multiplieront, et logiquement Paris deviendra plus vert et moins pollué.  En attendant que ces espoirs deviennent réalité, ce dimanche sortez dans les rues, respirez profondément et profitez de la ville sans voitures.

*l’inCUPArable est la newsletter culturelle et linguistique de CUPA.

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Life in Paris.
Published: September 23, 2016